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Faire du sport pour se retrouver, pas pour se punir !

Faire du sport pour se retrouver, pas pour se punir !

Je ne cours pas pour brûler ce que j’ai mangé. Je cours pour me libérer d’un poids émotionnel. C’est pas pareil. C’est même pas du tout pareil.

On nous a appris une version du sport que je n’aime pas. Celle où on transpire pour compenser. Où on se lève parce qu’on doit. Où le corps est un chantier à améliorer, pas un endroit où vivre. Les magazines, les comptes de « transformation », les injonctions à « prendre soin de son corps » — tout ça parle de résultats, de mériter. Rarement de se retrouver.

Moi, j’ai mis des années à faire la différence. Et encore aujourd’hui, certains jours, je dois me battre contre moi-même pour enfiler mes baskets.

Quand le corps ne m’appartenait plus

Il y a eu une longue période dans ma vie où bouger n’était tout simplement pas possible. Ces années-là, j’ai perdu le contact avec mon corps — profondément, dans des endroits que je ne savais pas encore nommer. Ce que j’ai vécu m’a appris que mon corps pouvait être un territoire étranger, quelque chose qu’on m’avait pris sans me demander.

Quand je suis sortie de cette période, j’ai voulu récupérer quelque chose. Perdre du poids, retrouver un ventre plat, effacer les traces. Je me suis mise une pression immense pour atteindre un corps qui n’existait plus — peut-être qui n’avait même jamais vraiment existé. Résultat ? Zéro envie. Zéro régularité.

Parce qu’on ne se reconstruit pas à travers la punition.

L’été où j’ai commencé à courir

L’été dernier, j’ai commencé. Pas pour perdre quoi que ce soit. Juste pour vider ma tête. Pour avoir un moment à moi — un vrai, un que je n’arrive pas à prendre autrement. Et surtout, parce que ma belle-soeur voulait qu’on aille courir ensemble pour s’y remettre ensemble.

Et quelque chose s’est passé que je n’attendais pas : j’ai pris du plaisir. Ce plaisir brut, un peu animal, qu’on a petite quand on court dans le jardin juste parce que le corps en a envie. Je l’avais complètement oublié. (Pas tout de suite hein faut pas déconner – au début j’ai surtout cru que j’allais mourir après avoir couru 10minutes)

Maintenant, parfois je finis une séance en pleurs. Pas de tristesse — de relâchement. Comme si mon corps avait tenu quelque chose serré pendant des semaines et qu’il avait enfin pu lâcher. Le sport est devenu un espace émotionnel autant que physique. Un endroit où je peux être fatiguée, chavirée, présente — sans avoir à tenir. J’en reparle en fin d’article.

La rechute, le dos, et les sensations perdues

Et puis mon dos a lâché (à Madeire pour ceux qui suivent). J’ai dû lever le pied. Et sans que je le vois venir vraiment, mon moral a suivi la même pente. Ce n’est qu’en faisant le lien après coup que j’ai compris à quel point le mouvement faisait partie de mon équilibre.

Quand j’ai repris, c’était difficile. Je ne retrouvais plus les sensations, ni les facilités que j’avais. Et ce manque-là — ce « je veux mais je n’y arrive pas » — a nourri la fatigue, le découragement, le petit moral. La motivation ne revenait pas toute seule. La boucle était cruelle : j’avais besoin de courir pour aller mieux, mais j’allais trop mal pour courir. Tu vois ?

Depuis peu, j’ai voulu m’y remettre. Je n’ai pas réussi à être régulière mais l’autre matin, je suis sortie. Et ce jour-là, j’ai retrouvé quelque chose: Les sensations. Ce souffle, cette présence dans le corps, ce moment où la tête arrête enfin de tourner. Et ça m’a fait un bien fou.

Courir pour prouver que mon corps m’appartient

Je cours pour me vider la tête. Je cours parce que ça me fait du bien dans mon bien-être général, dans ma reconstruction, dans les jours où l’état dépressif cherche à reprendre de la place. C’est une bouffée d’oxygène que je me donne.

Mais il y a quelque chose de plus profond encore que j’ai mis du temps à formuler. Je cours pour me prouver que mon corps m’appartient. À moi. Malgré ce que j’ai vécu. Malgré ce qu’on m’en a fait. Chaque foulée est une façon de dire : il est à moi, je peux en faire ce que je veux.

Je ne veux pas de performance, d’ailleurs je trottine plus que je ne cours. C’est de la reconquête. C’est profond, c’est puissant.

« La course ne m’a pas appris à courir, elle m’a appris à tenir quand plus rien n’avance. »

Cette phrase, je l’ai lue un jour et elle ne m’a plus quittée. Parce que c’est exactement ça. On parle souvent des sports d’endurance comme d’un défi physique. Mais pour beaucoup d’entre nous, c’est autre chose :

« Pourquoi certains trouvent refuge dans les sports d’endurance ? Pour transformer les douleurs des blessures qu’ils n’ont pas choisies. »

C’est tout à fait ça ! Quand je cours, au départ, dans ma tête ça va dans tous les sens. Mais genre vraiment dans tous les sens. Tout y passe… surtout le mauvais, le passé. Des scènes se refont, des phrases résonnent, des « et si » en boucle, des souvenirs que tu préfères oublier qui arrivent, tes nuits pourries qui tournent en boucle en même temps que mes foulées… la gorge se noue, le ventre durcit, la tête tourne, les yeux se mouillent et là…. quelque chose se passe…. la rage arrive, les dents et la mâchoire se serrent, les larmes sont vraiment là, la course se fait un peu plus rapide… Tu te perds et tu te retrouves en même temps !

T’as juste envie de crier : « Regarde ce que je fais ! Regarde ce que j’arrive à faire … malgré tout ce que tu as pu me faire, tout ce que j’ai pu subir… Regarde putain ! Je le fais, je ne vais pas m’arrêter pour marcher même si je suis à bout parce que là, je me bats, je te bats ! Je suis là, dans mon corps à moi ! Cette fois, je le fais souffrir parce que c’est moi qui l’ai décidé et parce que ça fait du bien ! » C’est un moment hyper fort et intense qui arrive en pleine course et fait que tu continues.

Après, comme je le disais, je ne suis pas régulière. La fatigue intense, le moral en berne, les semaines où se battre contre soi-même coûte trop, où tenir c’est déjà beaucoup — tout ça fait que ma routine flanche. Elle reprend. Elle flanche encore. Et je reviens quand même. Parce que je sais ce que ça me donne. Et c’est ok !

Tu n’as pas besoin de mériter ton corps. Tu n’as pas besoin de brûler quelque chose pour avoir le droit de bouger. Tu peux juste enfiler tes baskets parce que ça fait du bien d’être là, dans ton corps — vivante, présente, libre. C’est suffisant. Tu es suffisante. Alors fonce !

A propos de l'auteur

Laurie_Numsfamily

Laurie, celle qui se reconstruit !

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